Louer un appart’ a « San Fran » (partie 1)

Bon d’accord, ce blog raconte mon installation aux Etats-Unis, et c’est bien comme ca. Mais enfin j’ai quand meme envie d’apporter ma pierre a l’edifice quand a l’expatriation des francophones dans cette region du globe. Alors modestement, avec l’experience que l’on peut avoir au bout de quelques mois dans une grande ville comme San Francisco. Mais pour l’avoir vecu, disposer d’un maximum de ressources, et d’autant de parcours differents s’avere plus rassurant au moment de franchir le grand pas.

Larkin and Clay

Larkin and Clay


Ainsi donc, je vais tenter de resumer la les grandes lignes de la recherche d’appartement a Frisco. Gardez tout de meme a l’esprit que meme si j’ai pu en discuter avec de nombreuses personnes ici, celibataires, en couple ou en famille, je n’ai visite que des studios ou des « 1 bedroom », donc je ne pourrais pas vraiment temoigner des condos ou autres maisons pour le moment. Mais il doit y avoir de nombreuses similarites.
La premiere partie aborde les questions pratiques.

J.F. partagerait appartement
Certes, ce n’est pas tout a fait en ces termes qu’il faut commencer sa recherche d’appartement, mais cela risque quand meme fortement de passer par les petites annonces.
Comme vous pourrez le voir sur de nombreux autres sites traitant du sujet, la reference en matiere de petites annonces en tout genre et en particulier sur l’immobilier, c’est l’incontournable, l’inevitable Craigslist.
Au contraire des emissions americaines, je ne suis pas la pour faire la pub d’un produit, mais il faut bien avouer qu’il est difficile de s’en passer, tellement tout le monde s’en sert. Vous pourrez toujours tenter d’arpenter les rues une a une pour voir les discretes affichettes « For Lease » ou « For Rent » indiquant un appartement a louer, mais pour avoir teste, je dois dire que ce n’est pas tres efficace, et surtout c’est ereintant !

Une recherche d'appart sur Craigslist

Une recherche d'appart sur Craigslist


Craigslist donc, c’est un site de petites annonces, independant, sans publicite, se remunerant uniquement sur les annonces d’offres d’emploi et les listings immobiliers (sic). Fonde en 1995 par Craig Newmark, il base son succes sur l’aspect communautaire et desinteresse (ou presque). Et ca marche! 10 milliards de pages vues par mois, 90 millions d’utilisateurs et 500 villes sur 50 pays couvertes.
Pour cibler sur la recherche d’appartement a San Francisco, il est donc possible de chercher par mots-cles bien sur, mais egalement d’indiquer votre budget, le nombre de pieces desire ou encore la quartier recherche.
Ce dernier critere implique de connaitre un minimum la ville. En meme temps que vous regardez a quoi ressemble les petites annonces, je vous conseille donc, si possible, d’arpenter un peu la ville. Faire des tours en voiture pour voir les differents quartiers dans les grandes lignes, puis visiter plus particulierement les endroits que vous avez repere pour les decouvrir a pied. Ainsi, vous pourrez mieux apprecier l’atmosphere, decouvrir les commodites et les gens, bref affiner votre premiere idee.

Des collines et des hauteurs…
Dans un pays ou tout est grand et ou l’appartenance a une communaute est exacerbee, choisir son quartier est important a San Fran’. Bien plus que la distance par rapport a son lieu de travail ou au centre-ville, ici d’autres criteres rentrent en ligne de compte, comme les criteres sociaux ou professionnels par exemple. Pas question de denigrer qui que ce soit bien sur, mais comme partout il est des quartiers plus reputes, mieux frequentes que d’autres. Et c’est encore plus vrai ici, ou les districts marquent de vraies differences entre eux.
Brievement, les quartiers les plus cotes sont Russian Hill, Nob Hill, Pacific Heights, Marina, Cow Hollow. Viennent ensuite SOMa (South Of Market, en partie), Noe Valley ou encore Union Square.
Generalement, ce sont les quartiers situes sur les hauteurs, ou pres de la baie et des ponts (Golden Gate et Bay Bridges).

Open bar ! euh, house…
Une fois les reperes pris, les annonces consultees, vient le temps des visites. Ici, deux modes de fonctionnement, dont un pour le moins deroutant. Premier cas, l’annonce indique un contact et un numero de telephone (au pire vous avez l’adresse e-mail), personne a joindre afin de fixer un rendez-vous. Dans l’autre cas, vous avez des horaires deja fixes, et la mention « open house », qui indique que l’appartement est ouvert aux visites aux heures donnees. En fonction du tarif, elle peux aussi implicitement indiquer que les visiteurs seront nombreux…
Dans tous les cas, et si vous disposez d’un peu de temps, il est sage d’aller faire un reperage prealable, meme si vous avez deja vu le quartier comme recommande plus haut. Cette fois, vous avez l’adresse, donc vous pouvez deja evaluer l’immeuble, les alentours, l’animation, les transports en commun etc.
Vous aurez plus d’elements au moment de la visite, donc pourrez poser plus de questions avisees a votre interlocuteur.

« C’est une-euh maison bleue, adossee a la colline-euh… »
Cette magnifique chanson (de mon point de vue) de Maxime Le Forestier, pour vous enoncer les criteres importants et specifiques a la ville a verifier lorsque l’on visite un appartement :

  • Dans l’appartement
    Evidemment, je ne vais pas vous faire la liste de tous les elements basiques a recenser lors de la visite d’un appartement : surface, hauteur, peinture…je pense que la plupart d’entre vous sont bien plus a meme d’evaluer ce genre de details.
    Pour les criteres specifiques, sachez que le simple vitrage est malheureusement monnaie courante. De nombreux immeubles etant anciens, les proprietaires ne sont pas tous proactifs sur ce terrain-la. Dans certains quartiers, sur certaines rues, cela peut vite devenir tres genant. J’en fais l’amere experience…
    Vue / vis-a-vis : Avoir une vue ne signifie pas forcement ne pas avoir de vis-a-vis, et vice versa. Sachez que la vue, specialement sur le Golden Gate Bridge se paie en general assez cher. Le vis-a-vis n’est pas rare, mais il n’est la plupart du temps pas tres genant, les gens etant assez pudiques et peu voyeurs.
    De maniere generale, les appartements sont pourvus de rangements : les cuisines sont souvent amenagees avec des placards au sol et en hauteur ; la chambre et le salon disposent de leur penderie, voire d’immense debarras appeles « walk-in closets », litteralement « placards dans lesquels on peut marcher ». Les salles de bains ont parfois un meuble sous lavabo.
    Les sols : le carrelage ici, c’est pour les murs de la cuisine ou de la salle de bains. Au sol, on retrouve dans la majorite des cas du parquet (hardwood) ou de la moquette (carpet), voir du linoleum. Dans la chambre, la moquette peut etre interessante. Mais dans le salon ou l’entree… Heureusement les cuisines et salles de bains sont epargnees.
    Souvent, les appartement sont relies au cable. Enfin, relies ; disons que vous verrez souvent un morceau de cable blanc depasser d’un mur. Libre a vous ensuite de passer par, tiens au hasard, Comcast ? pour vous brancher a Internet, la tele ou le telephone par le cable.
    Avoir le tableau de fusibles dans son appartement, c’est pas toujours mais c’est plus pratique.
  • Dans l’immeuble
    Avoir un chouette appart, c’est bien. Disposer d’un immeuble agreable, c’est encore mieux. Certes, vous ne vivrez pas dans la cage d’escalier, mais si vous pouvez disposer de quelques commodites supplementaires, vous auriez tort de vous en priver.
    Au rang des agrements les plus courants, le lave-linge et le seche-linge commun. Situes dans une buanderie (rares sont les appartements a en disposer individuellement), ils sont la plupart du temps payants (et la commence la chasse aux quarters, les inities apprecieront…). Pour moi, c’est gratuit, et ca c’est le pied !
    Directement lie a l’utilisation de ces equipements electromenagers, pensez a regarder le nombre d’appartements dans le building. Vous pourrez alors estimer leur taux d’occupation, et vous eviter de poireauter dans la buanderie pour plonger votre linge sale dans le tambour sitot que votre voisin a enlever ses vetements dudit lave-linge !
    Autre element appreciable de certains immeubles, le fait de disposer d’un roof deck, ou coin amenage sur le toit. He oui ici comme je vous le disais, peu d’appartements disposent d’un balcon. Alors l’alternative pour profiter de l’exterieur sans pour autant marcher longtemps est bienvenue.
    Parmi les elements communs, je ne vous parlerai pas de l’ascenseur ou des boites aux lettres (quoique…), mais plutot du fait que l’eau et les poubelles sont la plupart du temps pris en charge par le proprietaire. Reste a votre charge l’electricite et le chauffage, dont le montant peut beaucoup varier selon l’appartement choisi. Moi par exemple, je ne chauffe pas…
    Selon les quartiers, l’immeuble peut aussi disposer de quelques places de parking souterrain, qui peuvent accomoder ou non un appartement. Parfois aussi vous pourrez disposer d’un espace de rangement hors de votre appartement, mais c’est relativement rare.
  • Dans les environs
    Choisir un appartement, c’est aussi choisir un quartier. Ici, pas vraiment de criteres objectifs, c’est surtout une histoire de coup de coeur : certains prefereront l’activite de Mission, d’autre l’animation de Castro, d’autres encore le calme de Russian Hill ou de Pacific Heights… Et ils auront tous (leurs) raison(s).
    Neanmoins, deux trois petites choses a connaitre avant de faire son choix :
    – Comme mentionne plus haut, certains quartiers sont a eviter, autant par leur frequentation que par la pauvrete d’interet. Certes, le Tenderloin n’est pas loin du centre, mais il reunit une population un peu defavorisee dans des habitats pas forcement de premiere jeunesse.
    – Du choix du quartier dependra votre quotidien, comme la proximite des commerces, des moyens de transports, de vos connaissances aussi, le pourcentage des pentes a gravir matin et soir si vous etes a pied…
    – San Francisco est reputee pour etre un micro-climat de Californie du Nord, avec notamment son brouillard epais en Ete. Mais au sein meme de la ville, vous trouverez differents types de temps ; certes, les differences sont plus legeres, mais certains quartiers sont reputes bien plus ensoleilles ou a l’abri du vent que d’autres. En ces temps de stress, de therapie par la lumiere ou de carence en Vitamine D, ca peut aussi rentrer en ligne de compte lors du choix final.
    – Si vous possedez des objets de valeur ou tenez tout simplement a ce que vous possedez, vous allez surement faire assurer le contenu de votre appartement (les murs sont normalements assures par le proprietaire). La encore, le choix du quartier, comme de l’immeuble, peut influer sur le montant de votre cotisation annuelle. Comme partout vous me direz, mais la les renseignements demandes sont relativement precis et nombreux.
  • Le proprietaire
    He oui vous souriez peut-etre, mais le proprietaire (ou l’agence avec qui vous traitez) a son importance dans l’affaire. Que ce soit un riche proprietaire d’immeubles ou d’appartements, ou une agence reputee plus ou moins serieuse, testez sa reactivite, sa rigueur, son honnetete avant de vous engager. Cela peut vous eviter bien des deboires par la suite.
    Le proprietaire habitant dans son propre immeuble peut etre une bonne option, mais n’est pas pour autant un gage de reactivite a toute epreuve. Si vous le pouvez ou le souhaitez, discutez avec les habitants de l’immeuble, ou renseignez-vous sur la population : familles nombreuses, jeunes, personnes agees, etc.
    Si vous etes interesses par un appartement loue par une agence, renseignez-vous egalement sur elle. Certaines n’ont pas forcement bonne reputation, et c’est souvent de notoriete publique, sauf pour les nouveaux arrivants bien entendu.

Voila pour la premiere partie. Dans la seconde, j’aborderai l’aspect financier de la recherche. En attendant, laissez-moi vos commentaires, ne serait-ce que pour savoir si je continue ou pas ! 🙂
Vous pouvez egalement jeter un oeil a mon appartement, histoire de voir a quoi ca peut ressembler : A la maison
Si ceux qui sont passes par les memes demarches (et peut-etre meme avant moi) veulent apporter leur contribution, voire rectifier mes propos, qu’ils n’hesitent pas !

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Z’avez vos papiers ?

Si je compte bien, cela fait maintenant plus de huit mois que je suis sur le territoire americain. Comme le temps passe vite ! Entre installation, travail intense, visites, decouvertes, soirees et j’en passe, je n’ai encore pas pris le temps de faire certaines choses assez utiles par ici.
Je veux notamment parler du permis de conduire Californien.

Lorsque vous debarquez en touriste sur le territoire US (ce qui etait mon cas lors de ma premiere visite en… Janvier 2008), vous avez le droit de conduire une automobile avec votre permis Francais. Meme la demarche du permis international, delivre sur demande a la Prefecture, pourtant recommandee, ne semble pas indispensable ici. Les autorites feront plus confiance a votre permis Francais, plastifie, qu’a un vulgaire document avec une photo agrafee dessus…
Ceci etant dit, lorsque vous debarquez avec un visa, c’est totalement different. Officiellement, lorsque vous vous installez aux US, vous avez quelque chose comme 10 jours pour vous inscrire au DMV. En pratique, ce n’est pas reellement le cas car vous devez d’abord avoir un numero de Securite Sociale, une adresse valide, etc.
Cependant, vous ne pouvez plus conduire avec votre permis Francais. Pire, vous devez meme repasser le code et la conduite, version californienne.

Le code, tout d’abord.
Toutes les regles a connaitre se trouvent dans le California Driver Handbook, edite par le California Department of Motor Vehicles (DMV). Cette institution gere les examens et la delivrance des permis, mais aussi les plaques d’immatriculation, la delivrance de cartes d’identite voire les fomulaires d’inscription pour les elections.
Ce « handbook » donc, ou guide de conduite, est un livret d’environ 80 pages. Il est moins touffu que le bouquin Francais, et se presente beaucoup plus comme un condense de reflexions basees sur le bon sens que comme un veritable livre de preceptes. Il regorge neanmoins de chiffres qui se revelent importants a connaitre. Le veritable danger est de se laisser endormir par son cote abrutissant, en laissant echapper les quelques points subtils glisses ca et la au fil des pages. C’en est accentue par les memes phrases ressassees en differentes sections de l’ouvrage.
Finalement, mon but ultime n’etant pas de publier une critique de ce qui reste un support, je m’y suis plonge avec beaucoup de douleur mais m’en suis sorti.
A la fin de ce guide, on trouve 2 tests reprenant des questions sorties des veritables questionnaires d’examen en vigueur au test ecrit du DMV. 2 tests de 8 questions chacunes, pas suffisants pour couvrir tous les sujets et mettre en lumiere la veritable perversite des tests…

Le DMV possede un site internet sur lequel il est possible d’effectuer tout un tas de demarches, notamment se documenter, imprimer la derniere version du guide de conduite ou prendre des rendez-vous. C’est sur ce site que j’ai pris rendez-vous pour passer mon permis ce mardi 10 mars 2009. Auparavant, j’avais pris soin de faire les 5 autres tests, egalement disponibles en ligne.

Ce matin donc, me voici en piste pour ce fameux examen ecrit.
Premiere etape, remplir un formulaire pour vous identifier. Attention pour les etrangers, bien faire etat de votre permis de conduire etranger si vous en possedez un; cela vous permettra d’obtenir un permis temporaire en lieu et place d’un permis d’apprenti : vous pourrez donc conduire tout seul, avantage non negligeable !
Vous vous voyez ensuite attribuer un numero d’appel, comme a l’ambassade ou au SSA, ou dans toutes les administrations US d’ailleurs. Vous patientez… Une fois appele, vous vous presentez au guichet. Vos documents remplis, vous passez alors un test de vision. Enfin si on peut appeler ca un test de vision. Les caracteres sont tellement gros qu’on peut les lire sans difficulte du fond de la piece… Ensuite vous payez vos $28 (le tarif augmente periodiquement) et vous… refaites la queue pour vous faire prendre en photo et collecter votre empreinte digitale.
Vient enfin le moment tant attendu, l’examen.
J’avais demande le test en Anglais. On me remet donc un document contenant 18 questions, 3 choix par questions, une seule bonne reponse a chaque fois. J’ai tout mon temps pour y repondre.
Je ne sais pas si c’est le « good luck » de l’examinatrice qui m’a trouble ou le test qui etait reellement pernicieux, mais j’ai fait 7 fautes au premier essai, alors qu’on n’a le droit qu’a 6. :/ Je n’en reviens toujours pas.
Pas grave : j’ai paye mes $28, et ceux-ci valent pour 3 essais. Je retente donc ma chance, le temps de refaire la queue et de reprendre une feuille d’examen.
Cet essai est le bon ; certes je fais encore 2 fautes, mais je repars avec le permis temporaire en poche.
A present, j’ai 2 mois pour passer le test de conduite. Deux mois durant lesquels je peux quand meme conduire seul avec mon petit bout de papier ! Si si ! Ca me laisse un peu de temps pour m’exercer, et peut-etre en profiter pour sortir un peu de la ville…

La suite au prochain episode…

D’autres retours d’experience parmi les expatries californiens :
– Cedric : http://blogdecedric.free.fr/blog/index.php?post/2008/08/07/Day-143-Permis-de-conduire et http://blogdecedric.free.fr/blog/index.php?post/2008/09/08/Day-175-Mon-permis-de-conduire
– Cecile et Julien : http://www.ledem.net/blog/?p=218, http://www.ledem.net/blog/?p=219 et http://www.ledem.net/blog/?p=220
– le site du DMV Californien : http://www.dmv.ca.gov/